Zones de Bruit
UNE EXPOSITION D'ÉRIK SAMAKH
VERNISSAGE SAMEDI 19 JANVIER
À partir de 17h
Exposition du 19 janvier au 23 février 2008
Du mardi au samedi
De 15h à 19h
Visuels et informations complémentaires sur demande
Véronique Collard Bovy : +33 6 14 14 58 81
Areas Of Noise
AN EXHIBITION OF ÉRIK SAMAKH.
OPENING SATURDAY JANUARY 19 ABOUT 5 PM.
Exhibition from january 14 to february 23, 2008.
From tuesday to saturday, 3pm - 7pm and by appointment
Visuals and informations,
Véronique Collard Bovy : +33 6 14 14 58 81
Nous remercions les photographes : Marc Domage, Bertrand Bodin, Carlos Casteleira, Anthony Morel
Après ses grandes expositions en France et à l’étranger à l’Abbaye de Maubuisson, au Centre International d’art et du paysage de Vassivière, au Creux de l’Enfer, au Kruithuis Museum (Pays-Bas) et enfin au Musée d’art contemporain de Santiago du Chili, Érik Samakh revient quelques dix années plus tard sur un territoire délaissé par lui, les expositions en galeries. En 1996 avec « Zone de silence » à la galerie des archives, il mettait en place les fondements d’un travail entre paysage et immatérialité. Pour sa première exposition personnelle à la VF Galerie intitulée « Zones de bruit », Erik Samakh crée donc un parallèle et récolte dans son passé. Il y introduit surtout une nouvelle dimension où Le Grand Paysage est l’acteur principal et où l’action directe et parfois violente sur une nature constituée, en somme artificielle, en est le metteur en scène.
L’exposition réunit des œuvres inédites, photographies, vidéo et installation révélatrices d’une entreprise qui dépasse le cadre même de ce qui est montré. « Zones de bruit » est l’appellation générique d’un projet qui se déploie en rhizomes et cette première étape en constitue le cadre conceptuel.
Avec « Zones de bruit », Érik Samakh propose d’ouvrir des perspectives dans le paysage en créant des inserts de bruits dans des sites, des territoires et paysages dont la qualité naturelle à priori nous paraît acquise. En déterminant des parcelles dans ces espaces de monocultures il en révèle d’abord le caractère artificiel et souvent absurde.
D’une certaine manière, il fait écho au travail des site-specific artworks de Gordon Matta-Clark et plus précisément entre 1974 et 75, à son projet intitulé Fake Estates. L’artiste procédait à l’acquisition de territoires urbains, rubans de terrains inexploitables, micro-zones abandonnées de l’urbanisme et qui révélaient en autres, à travers cette nouvelle cartographie, une certaine absurdité en urbanisme, doublée d’une interpellation sur la notion de propriété. Cette désignation d’un espace chez Érik Samakh est ensuite prolongée par une série d’actions destinées à en modifier l’aspect et par extension notre perception. À partir d’un flan de montagne recouvert de conifères au dessin de peignes réguliers et toujours vert, l’action directe sur une parcelle consiste à en éradiquer de la manière la plus définitive ce qui la détermine comme relevant de la monoculture. Introduire un bruit visuel en créant un site évidé, une clairière, où l’insert de l’action artistique première d'Érik Samakh se fait en creux, dans la répétition d’un geste brutal, relevant à priori du travail de bûcheron ou du fait d’une tempête qui se serait abattue sur un espace circoncis[1]. Le temps aidant, et à l’identique de la zone témoin initiée au centre d’art de Vassivière, une autre dimension du bruit, non plus en creux mais en volume, en une densité inédite et native de flores et de faunes, viendront combler et conquérir ces nouveaux territoires.
Voilà ce que l’artiste nous propose comme expérience à partager, lorsque, commanditaires d’une « Zone de bruit », c’est à un ensemble d’actions réactives aux différents contextes que l’on peut souscrire, comme autant de site specific artworks et de Tiers-Paysage[2] à activer. L’exposition à la VF Galerie en est le premier laboratoire.
[1] En 1999, s’abattait une tempête sur une grande partie du territoire Français, ravageant autant les zones urbaines que rurales, des forêts entières y étaient dévastées, des arbres centenaires abattus comme fétus de paille. Erik Samakh intervenait en 2003 à Vassivière dans ce contexte, le Limousin ayant subi d’énormes dégâts, et y implantait un projet in situ à dimension participative « Les Rêves de Tijuca après la tempête ». Destiné à reconstituer une diversité végétale, Erik Samakh décide d’y inscrire aussi une zone témoin, vierge de toute intervention, préfiguratrice des « Zones de bruit ».
[2] ibid Gilles Clément « Le Tiers-Payage –fragment indécidé du Jardin Planétaire- désigne la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature. Il concerne les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, mais aussi les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc … A l’ensemble des délaissés viennent s’ajouter les territoires en réserve. Réserves de fait : lieux inaccessibles , sommets de montagne, lieux incultes, déserts ; réserves institutionnelles : parcs nationaux, parcs régionaux, « réserves naturelles ». in Gilles Clément, "Le Manifeste du Tiers-Paysage", 2003, Editions Sujet/Objet.
